La Ministre Marghem a donc décidé de déplacer toute son ’énergie’ afin que la Belgique atteigne ses objectifs climatiques en 2030. Ce faisant, elle déclare implicitement faire le deuil des objectifs de 2020 et passe directement à l’étape suivante. « Le climat n’est pas un jeu de l’oie où on peut passer à la case suivante au petit bonheur la chance. Et d’ailleurs, si tel était le cas, la ’réformatrice’ se retrouverait plutôt… à la case départ », dénoncent les Coprésidents d’ECOLO.

 

Cette annonce de Madame Marghem a en effet le don d’irriter : « En matière climatique, nous avons juste fait le plus facile, à savoir acter le départ d’industries polluantes, ce qui a permis à la Belgique de fournir des chiffres allant dans le bon sens. Aucune véritable réforme d’envergure sur les émissions ou la production renouvelable n’a été mise en place par le Fédéral. Le report à 2030 est donc un aveu d’impuissance pour la ministre », poursuivent les Coprésidents.

La lutte contre les bouleversements climatiques ne peut pas attendre. Rappelons que le rythme actuel de réduction de nos émissions de gaz à effet de serre ne permettra pas de respecter nos engagements lors de la COP21 de Paris. Les autorités belges ont déjà été citées par Klimaatzaak pour manque de prévoyance en la matière. Rappelons pourtant que le respect des engagements européens de la Belgique en 2020 fait l’objet d’une obligation et que notre pays sera soumis à des amendes en cas de faute.


Après 7 ans de négociations sur le burden sharing 2020, dont une bonne partie avec Madame Marghem à la manoeuvre, le temps est d’abord à l’action ! La Ministre déclare vouloir consulter tous les acteurs sur le pacte énergétique et de la tarification carbone ; des acteurs qui n’auront certainement jamais envisagé le report des nos engagements 2020.
« L’objectif zéro émission en 2050 passe par des étapes intermédiaires incontournables. 2020 en est une. Rappelons qu’un tel objectif pour 2050 est nécessaire pour notre avenir, mais permettrait en outre de créer près de 250.000 emplois en Belgique dans les secteurs de l’énergie, de l’économie circulaire et de l’agriculture. Cette stratégie demande certes du volontarisme, mais elle exige surtout d’oser s’émanciper des lobbys classiques des énergies fossiles et nucléaires, ce que le MR semble incapable de faire », concluent les Coprésidents d’ECOLO.